jeudi 3 novembre 2011

En Angleterre, des forages de gaz de schiste auraient provoqué des secousses telluriques

Les opérations de fracturation sont très probablement à l’origine de secousses en avril et mai derniers Lancashire, selon un rapport d’experts publié mercredi.

Des forages sur un gisement de gaz de schiste dans le Nord de l’Angleterre sont «très probablement» à l’origine de secousses telluriques ayant touché la région en avril et mai derniers, a estimé un rapport d’experts publié mercredi.

«Il est hautement probable que les opérations de fracturation» menées par la société britannique Cuadrilla Resources «ont provoqué les réactions sismiques constatées, en raison d’une combinaison de facteurs liés à la nature géologique du site et à la pression exercée par l’eau injectée» sous terre, estime ce rapport rédigé par une équipe d’experts européens.
La région côtière du Lancashire (nord-est) avait enregistré le 1er avril et le 27 mai des secousses de magnitude 2,3 et 1,5 respectivement.
Plusieurs organisations de défense de l’environnement avaient alors mis en cause les forages réalisés par Cuadrilla dans un puit des environs, ce qui avait poussé la compagnie à commander un rapport d’experts sur la question, après consultation avec le ministère britannique de l’Energie.
Ces forages utilisaient la technique controversée de la fracturation hydraulique, qui consiste à «fracturer» la roche en grande profondeur avec un mélange d’eau et de produits chimiques projeté à haute pression, afin d’en libérer les hydrocarbures.
«La conjonction de caractéristiques géologiques spécifiques à ce site est rare et ne devrait pas se reproduire à l’avenir sur d’autres puits», a cependant tempéré le rapport, estimant qu’une secousse de magnitude 3 était «le pire scénario envisageable».

Activistes

Mais «les injections d’eau ont lieu à 3 km sous la surface de la terre, ce qui réduit considérablement le risque que des séismes de magnitude 3 ou moins puissent avoir le moindre impact à la surface», ont poursuivi les experts, conseillant simplement à Cuadrilla de mettre en place «une veille de l’activité sismique» du sous-sol exploité.
«Nous acceptons entièrement les propositions de ce rapport (…) et sommes ravis de la conclusion selon laquelle nos opérations ne menacent ni les propriétés ni la population de la région», a réagi Mark Miller, directeur exécutif de Cuadrilla Resources, cité dans un communiqué.
«Nous collaborons avec les autorités locales et nationales (…) en vue de reprendre nos opérations en toute sécurité», a-t-il ajouté.

La compagnie a suspendu depuis juin ses opérations de fracturation hydraulique, à la suite des doutes soulevés sur l’origine des secousses sismiques dans la région.
Une dizaine d’activistes manifestaient par ailleurs mercredi sur un site de Cuadrilla à Banks, dans le Lancashire, certains escaladant les structures de forage pour exprimer leur opposition à la technique de la fracturation hydraulique.
La France est le premier pays à avoir interdit fin juin cette technique, jugée hautement polluante et dangereuse par ses détracteurs, mais très utilisée aux Etats-Unis – où elle a permis de développer l’exploitation de gaz de schiste, aujourd’hui en plein essor.
Cuadrilla avait annoncé fin septembre que, après une première campagne de forages, elle évaluait à 200.000 milliards de pieds cube (soit 5.660 milliards de mètres cubes) les réserves de gaz de schiste dans le bassin du Lancashire – soit l’équivalent des réserves prouvées du Venezuela.
Le chiffre avait été accueilli avec beaucoup de scepticisme par les analystes du secteur, qui jugent qu’une infime partie de ces éventuelles réserves serait réellement exploitable.
(Source AFP)

Libération

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