lundi 12 mars 2012

Augmentation des tremblements de terre : doit-on s'en inquiéter ?


Publié le 5 mars

Nouvelle-Calédonie, Corse, Inde, Californie et Argentine, aucune région du globe n’est épargnée par les tremblements de terre en série qui sévissent depuis samedi. Assiste-t-on à une multiplication du phénomène ?
Petit retour sur la chronologie des événements avant de se faire une idée. C’est l’archipel française de la Nouvelle-Calédonie qui a connu les premières secousses de la série. A 23h19, heure locale, les îles Loyauté ont craint le tsunami suite à un tremblement de terre de magnitude 6,9. Malgré l’intensité de l’événement et la faible profondeur de l’épicentre (15 kilomètres), aucun dégâts n’étaient déclarés dimanche soir.

Le lendemain, c’est en métropole que la Terre a tremblé. D’abord en Corse et en Charente-Maritimes vers 4h45 du matin. Magnitudes respectives : 4,4 et 3,8. Puis dans les Alpes de Haute-Provence en soirée avec une magnitude de 4,9. Les trois tremblements de terre n’ont provoqué aucun dégât majeur. Un lundi noir. Mais ce qui font les gros titres de ce lundi, ce sont les secousses ressenties en Inde, en Argentine et aux États-Unis aujourd’hui. Vers 13h10, la capitale indienne de New Delhi a vacillé sous les ondes d’un séisme de magnitude 5,2, une magnitude relativement faible.

Autre secousse modérée, autre pays : direction les États-Unis et la Californie où les médias reviennent en boucle sur l’événement de la matinée : un tremblement de terre de magnitude 4,0. La Californie, à cheval sur la célèbre faille de San Andreas, surveillent de près tout ce qui a trait aux secousses de la Terre. Elle craint le déclenchement du « Big One », ce tremblement de terre d’intensité exceptionnelle qui pourrait anéantir une mégalopole entière comme San Francisco ou Los Angeles.
Enfin, la terre a aussi tremblé plus au Sud. Il faisait encore nuit, à 4h46, quand les habitants de la province de Santiage del Estero, en Argentine, ont été réveillés par une forte secousse. Si la magnitude du tremblement de terre était conséquente (6,1), son épicentre fut relevé à 550 km de profondeur.
Aucun de ces sept tremblements de terre de magnitude supérieure à 4,0 ne semblent avoir provoqués de dégâts. Le bilan peut être amené à changer à mesure que les informations remontent de ces régions parfois isolées. Y’a-t-il vraiment de plus en plus de séismes ? Les relevés de l'activité sismique à l'échelle du globe ne sont fiables que depuis 1900. Cette série de tremblements de terre pose évidemment quelques questions. Est-ce que la Terre s’emballe ? Y’a-t-il vraiment plus de séismes depuis quelques années ? La réponse n’est pas évidente.

Les données montrent bien que les magnitudes exceptionnelles ont tendance à se multiplier ces dernières années. On observe ainsi que trois des six plus puissants tremblements de terre du siècle sont survenus dans les deux dernières années. 2011 est aussi l’année où l’activité sismique fut la plus intense depuis le débuts des enregistrements à l’échelle du globe, si on prend en compte les tremblements de terre de magnitude supérieure à 4. Mais ces résultats sont à relativiser.

D’une part parce que les données ne sont relevées de manière fiable que depuis 1900 environ. La période est beaucoup trop courte pour en faire ressortir une quelconque tendance, surtout à l’échelle géologique de la Terre et ses milliards d’années. Ensuite, comme le soulignait Ramon Arrowsmith, géologue à l’Université d’Arizona après le terrible tremblement de terre au Chili en 2010, « notre mémoire courte et notre tendance à oublier, associées à une communication toujours meilleure, nous donne l’impression de plus de tremblements de terre, mais ce n’est probablement pas le reflet d’un changement significatif dans l’occurrence de ces phénomènes ».

Pour se faire un avis une bonne fois pour toutes, rien de tel que de consulter les données brutes de l’USGC (United States Geological Survey). L’institut américain répertorie et classe tous les tremblements de terre à l’échelle du globe selon leur intensité depuis 1900. On constate ainsi, à première vue, que le nombre de séisme enregistrés passe de 16 000 en 1990 à 31 000 en 2008.

Pourtant, ces chiffres ne sont pas aussi fiables qui le paraissent. L’USGC elle-même admet que l’amélioration de la qualité des mesures et l’augmentation du nombre de stations (de 350 en 1931 à plus de 8000 aujourd’hui) expliquent en grande partie cette tendance à la hausse dans les chiffres.
L’institut américain précise : « Il peut sembler que le nombre de tremblements augmente, mais en fait le nombre de tremblements de terre de magnitude supérieure à 7 reste sensiblement constant ».

 Quant à l’existence de série de séismes comme la Terre en subit depuis samedi, elle est confirmée par les spécialistes qui parlent de cycles dans la lithosphère et surtout, de liens de causalité entre les différents tremblements de terre. Il est possible que celui de lundi en Argentine soit une conséquence de celui de samedi en Nouvelle-Calédonie. Pas de panique donc. Si la Terre s’agite depuis ce week-end, elle finira par se calmer…avant de recommencer un cycle ou de libérer brusquement toute son énergie.

Maxisciences

Vu sur Maxine voyance 

Tous les tremblements de terre au Japon en 2011





JAPON – 10 000 nouveaux séismes depuis le 11 mars 2011


Depuis le terrible séisme d’une magnitude 9 sur l’échelle de Richter du 11 mars 2011, le Japon a enregistré 10 000 nouvelles secousses perceptibles, selon les chiffres de l'Agence de météorologie.
Parmi ces 10 000 séismes, 70 % seraient des répliques du tremblement de terre qui a dévasté l’archipel, dont 97 séismes de forte intensité, de magnitude supérieure ou égale à 6, et 7 de magnitude 7. Globalement, l'intensité de ces secousses est 5 fois supérieure aux moyennes observées habituellement.

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Après Fukushima, la peur des «méga-séismes en grappes»

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Par Yves Miserey Publié Réactions (4)
Le violent séisme du 11 mars a laissé des traces dans les rues de la ville de Naraha, dans la zone d'exclusion autour de la centrale nucléaire de Fukushima.
Le violent séisme du 11 mars a laissé des traces dans les rues de la ville de Naraha, dans la zone d'exclusion autour de la centrale nucléaire de Fukushima. Crédits photo : David Guttenfelder/AP

Le tremblement de terre japonais du 11 mars 2011 fait partie d'une suite de méga-séismes à des endroits qui surprennent les spécialistes. Ces événements plus violents que prévu remettent en cause les normes sismiques des centrales nucléaires.

Le tremblement de terre et le tsunami qui ont frappé il y a un an la région du Sendaï et dévasté la centrale de Fukushima sont une piqûre de rappel pour tous les sismologues et les spécialistes de l'aléa sismique. En effet, les modèles n'avaient pas prévu un séisme de magnitude 9 dans cette zone où la plaque pacifique glisse sous la plaque asiatique. Et ce n'est pas la seule fois où ils sont pris en défaut.
Depuis le tsunami et le séisme de magnitude 9.2 qui ont ravagé Sumatra en décembre 2004, il y a eu cinq méga séismes et tous se sont produits sans que les spécialistes les aient vu venir. «Nous devons nous attendre à des gros tremblements de terre dans des régions où on pensait que potentiellement il ne pouvait pas y en avoir. Il n'y a plus aucun doute là-dessus», souligne Thorne Lay, géophysicien de l'université de Californie à Santa Cruz, en conclusion d'un article publié dans la revue Nature, du 8 mars 2012.
«On ne peut pas s'appuyer sur l'histoire pour avoir une appréciation des risques de très forts séismes dans le futur. Nous n'avons pas assez de recul dans le temps, les gros séismes ayant des périodes de retour en milliers d'années», explique Jean-Philippe Avouac, directeur de l'Observatoire de tectonique au California Institute of Techology (États-Unis).
Tout le monde peut comprendre qu'il y a là une difficulté. Mais il y a plus troublant. Les événements récents montrent qu'un grand séisme peut en provoquer un autre un peu plus tard, dans une région voisine. C'est ce qui s'est passé en décembre 2006 près des îles Kouriles où un séisme de magnitude 8,4 a été suivi d'un autre deux mois après, de magnitude 8,1, dans la même zone. Le même phénomène s'est produit aussi près des îles Tonga avec deux ruptures de failles de magnitude 8 à un mois d'intervalle et à 50 kilomètres de distance.

Des «méga-séismes en grappe»

On croyait jusqu'alors au contraire qu'après une grosse rupture, les contraintes se relâchaient pour longtemps. Visiblement, c'est faux et ceux qui n'hésitent pas à parler maintenant de «méga-séismes en grappes», évoquent la possibilité prochaine d'un gros tremblement de terre dans la région de Tokyo...Lire la suite sur le Figaro

 

Attention Séisme ! Le système d'alerte des animaux

En février 1975, des Chinois qui avaient vu des serpents sortir de leurs trous d'hibernation et mourir dans la neige près de Haicheng, avaient pu évacuer leur ville peu avant une secousse de 7,3 sur l'échelle de Richter. Les derniers séismes au Japon, à Haïti, en Turquie, en Italie et en Chine ayant remis en cause la fiabilité des informations fournies par les systèmes d'alerte, des chercheurs ont suivi l'exemple chinois et entrepris de collecter des données sur le comportement des animaux avant une catastrophe. Le professeur Yamanaka de l'université d'Osaka a ainsi appris qu'avant le drame de Fukushima, on avait retrouvé des taupes et des serpents morts de froid dans les champs alentour. Le professeur Kirschvink, biologiste à l'université de Caltech en Californie, note pour sa part que les essaims d'abeilles sont sensibles aux mouvements souterrains qui entraînent des modifications du champ magnétique.


Attention séisme - Le système d'alerte des animaux par tzetze

Etre et informer 
  • Le tremblement de terre de plus grande magnitude jamais enregistré est celui de 1960 au Chili avec 9,5. Mais les séismes les plus meurtriers sont ceux d'Haïti en 2010 et de Tangshan en Chine, en 1976, avec plus de 230.000 morts.

    Ce vendredi, à 14h46 heure locale, un séisme suivi d'un tsunami majeur a frappé le nord-est du Japon. Avec une magnitude de 8,9, c'est le séisme le plus puissant jamais enregistré dans l'archipel, selon l'agence de météorologie japonaise.
    Le pays qui tient le record du tremblement de terre le plus puissant depuis un siècle reste cependant le Chili, avec un séisme d'une magnitude de 9,5 en 1960, qui a fait 5.700 morts. Les séismes les plus puissants ne sont pas forcément les plus meurtriers. Celui d'Haïti, en janvier 2010, a fait plus de 240.000 morts avec une magnitude de 7.
    Voici la liste des séismes les plus puissants depuis un siècle (selon l'échelle du Moment *). Ne sont pas pris en compte les tremblements de terre n'ayant fait aucune victime.


  • - 2010 CHILI - Un séisme de magnitude 8,8 et un tsunami touchent le centre du Chili et fait 523 morts.
    - 2010 HAITI - Un séisme de magnitude 7 fait entre 250.000 et 300.000 morts, plus de 300.000 blessés et plus d'un million de personnes déplacées, selon un bilan de l'Onu.  
    - 2007 PEROU - Un séisme à Lima d'une magnitude de 8 fait 387 morts.
    - 2005 INDONESIE - Un séisme de 8,6 près de l'île de Nias au large de Sumatra fait 900 morts et 6.000 blessés. 
    - 2004 ASIE - Un séisme de 9,1 au large de l'île de Sumatra provoque le 26 décembre un tsunami. Ce raz-de-marée dévaste une dizaine de pays voisins et fait plus de 227.000 morts.
    - 1985 MEXIQUE - Un tremblement de terre de 8,1 à Michoacan, fait 20.000 morts. 
    - 1976 CHINE - A Tangshan (province du Hebei, Est de la Chine), un séisme de 8,2 fait 240.000 morts. C'est le chiffre officiel mais d'autres estimations font état de 500.000 à 800.000 victimes directes ou indirectes.




    - 1964 ALASKA - Un séisme de 9,2 près du détroit de Prince William, suivi d'un tsunami, fait une centaine de morts.
    - 1960 CHILI - Un tremblement de terre de 9,5, suivi d'un tsunami dévastateur dans plusieurs pays bordant l'océan Pacifique, fait 5.700 morts au Chili, 61 à Hawaï et 130 au Japon.
    - 1952 URSS - Un séisme de magnitude 9 sur la péninsule du Kamtchatka provoque un tsunami dévastateur ressenti jusqu'au Chili et au Pérou : plus de 2.300 morts.
    - 1948 TURKMENISTAN - Un séisme de 7,3 fait 110.000 morts. 
    - 1939 CHILI - Un séisme de 8,3 à Chillan fait 28.000 morts. 


    - 1932 JAPON - Un tremblement de terre de 8,3 fait 143.000 morts à Kanto. Il est suivi d'un gigantesque incendie.
    - 1927 CHINE - Un tremblement de terre à Xining (province du Qinghai, près du Tibet) de 8,3 fait 200.000 morts.
    - 1920 CHINE - Un séisme à Gansu de 8,6 fait 200.000 morts.




    - 1906 EQUATEUR - Un séisme de 8,8 au large des côtes de la Colombie et de l'Equateur provoque un tsunami qui cause la mort d'un millier de personnes. 
  •  
    *Les séismes sont désormais classés selon la «magnitude de Moment» - on relève l'énergie dégagée par le tremblement de terre - mais le résultat ne présente pas de grandes différences avec l'échelle de Richter.
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Par Bénédicte Lutaud
 
"Vers un nouveau paradigme"
2012 et aprés

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