Une équipe franco-turque de sismologues propose une méthode de détection pour certains séismes basée sur la détection de vibrations
![]() |
Dû à une faille coulissante séparant la plaque anatolienne, qui se déplace vers l’ouest, et la plaque eurasienne qui glisse vers l’est, ce tremblement de terre était d’importance, puisque sa magnitude était égale à 7,6 sur l’échelle de Richter. Au XXe siècle, neuf séismes de ce type se sont manifestés sur cette faille.

Un signal particulier, juste avant la rupture de la faille

« Nous avons analysé des enregistrements obtenus à proximité de l’épicentre du séisme estimé à 15 km de profondeur, sur la ville de Gölcük, près d’Izmit », indique Michel Bouchon de Grenoble. Et les scientifiques ont repéré, juste avant la rupture de la faille, un signal sismique très particulier, jamais détecté jusqu’à présent.
Plus précisément, ils ont observé sur les enregistrements, la répétition de la même vibration, pendant 44 minutes, qui a persisté jusqu’au séisme, tout en augmentant régulièrement en intensité. Quasi-continu, ce mouvement du sol était dû au glissement lent et saccadé de la faille au niveau de la zone où le séisme s’est déclenché. Il était trop faible pour être ressenti par la population.

La phase de préparation d'un séisme

Les mesures des stations de géolocalisation GPS situées à proximité de la faille n’étaient pas assez sensibles pour la mesurer directement. C’est l’analyse très fine des enregistrements qui a permis cette découverte.
De plus, les chercheurs ont pu s’appuyer sur un séisme exceptionnellement bien instrumenté et dont le mécanisme était relativement idéal.
D’après les géophysiciens, cette phase de préparation devrait vraisemblablement exister pour d’autres séismes , en particulier ceux de ce type.

Cette découverte permettrait de sauver des vies

Ce résultat est d’autant plus prometteur que, parallèlement, une équipe de l’Ifremer, en collaboration avec les Turcs, est en train d’installer une station d’observation sismique permanente au fond de la mer de Marmara située à l’ouest d’Izmit et au sud d’Istanbul (voir La Croix du 27 décembre 2010).
Là, à – 700 m, la faille nord-anatolienne passe au-dessus d’un champ pétrolifère et gazier qui émet, plus ou moins régulièrement, des bulles de méthane. D’où l’idée de détecter également une signature préludant à la survenue d’un séisme. Avec ces deux techniques, les possibilités de prédire un séisme n’en sont que plus fortes.
source : http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2456200&rubId=5547
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire