mercredi 1 février 2012

Lac d'Hourtin-Carcans (33) : du mercure dans les poissons

Malgré la présence de mercure, les pêcheurs étaient au rendez-vous ce week-end.
Des traces de mercure décelées dans la chair de plusieurs espèces de poissons
 
 
Malgré la présence de mercure, les pêcheurs étaient au rendez-vous ce week-end.
(photo romain Barucq)

«J'ai un brochet dans le frigo et on va le manger ce soir à la maison». Le bulletin d'alerte lancé vendredi soir par la préfecture ne lui fait pas peur. Du haut de ses 13 ans, Théo a choisi de ne pas suivre le principe de précaution. «Cela fait 2 ans que je pêche ici et je n'ai jamais été malade», assure l'adolescent qui vient d'attraper une perche qui subira sans doute le même destin culinaire.

Hier, autour du lac d'Hourtin-Carcans, une dizaine de passionnés ont profité de ce dernier jour d'ouverture pour tâter du bouchon. Bien qu'aucune affiche ne mentionnait encore le risque d'une possible présence de mercure dans les poissons, l'information avait déjà fait le tour du plus grand lac naturel de France, relayée par les membres de l'association de pêche de la commune. «C'était la première fois que nous procédions à de telles analyses. On a été les premiers surpris», explique Thomas Février, le président de l'AAPPMA (association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique) d'Hourtin.

Quelle origine ? Un mystère  Sols pollués par une ancienne décharge ou par l'ancien centre de formation maritime… l'origine de cette pollution reste pour l'instant indéterminée. «Les services de l'État vont recenser toutes les activités qui peuvent être à l'origine de cette présence de mercure dans le poisson», promet Paul Cojocaru, responsable du Service de l'eau et de la nature en Gironde. Une autre hypothèse est avancée: le mercure étant un élément volatile, il peut retomber avec la pluie, parfois très loin de sa source d'émission.
 
Taux anormalement élevé
Entre octobre et décembre dernier, sous l'impulsion de l'association, 25 kilos de poissons ont été prélevés et confiés au bureau Veritas, une société de services spécialisée dans les questions de qualité et d'environnement. Les résultats tombent le 21 janvier dernier: alors que les directives européennes n'autorisent que 0,5 mg de mercure par kilo de chair, le taux grimpe jusqu'à 1 milligramme pour le brochet et 1,4 mg pour le sandre. Un taux anormalement élevé qui résulte d'un effet d'accumulation. Les poissons carnassiers, comme l'homme, stockent ces substances sans jamais s'en défaire.
 
Femmes enceintes
Le mercure serait-il alors également présent dans l'eau? S'appuyant sur de récents prélèvements, les pêcheurs se veulent rassurants. «Il n'y aucune raison de remettre en cause la qualité de l'eau du lac», estime Philippe Jourde, secrétaire de l'AAPPMA d'Hourtin. Une analyse partagée par les services de l'État: «Le danger vient d'une consommation régulière et prolongée. En aucun cas d'un contact avec l'eau», tranche Paul Cojocaru, responsable du service de l'eau et de la nature à la Direction départementale des territoires et de la mer.
 
L'heure est pour l'instant aux supputations et donc à la prudence. Sans aller jusqu'à l'interdiction, la préfecture recommande de ne pas consommer ces espèces, notamment pour les enfants en bas âge, les femmes enceintes et celles qui allaitent. «Dans les prochaines semaines, nous allons tenter de confirmer ou d'infirmer ce diagnostic, grâce à un protocole d'analyse très strict remis par le ministère de l'Agriculture», précise encore Paul Cojocaru. L'enquête essaiera également de connaître les origines de cette contamination.
 
Source: Sud-Ouest via Wikistrike
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